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Diocèse de Valence

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19e rencontre islamo-chrétienne d’Aiguebelle

Samedi 5 juin, s’est tenue la 19e rencontre islam-chrétienne d’Aiguebelle, sur le thème "Chrétiens et Musulmans en dialogue : dépasser la peur". Xavier de barbeyrac, diacre en charge de l’inter-religieux pour le diocèse fait un retour sur cette après-midi très riche.


   

Chrétiens et Musulmans en dialogue : dépasser la peur

Trois conférences par le Service « communion des personnes » pour aller sereinement sur un chemin de dialogue. Il n’y a pas d’autres solutions pour vaincre la peur que de se connaître : «  L’ignorance en matière de religion est quelque chose de terrible », Cal Tauran. La 19e rencontre islamo-chrétienne d’Aiguebelle a conclu ce cycle de trois conférences.


Monsieur Ahmed Bouyerdene, chercheur en histoire, a présenté la multitude des courants dans l’Islam et leur actualité. Cela nous a permis de voir combien l’Islam n’est pas monolithique et qu’il ne peut se confondre avec le monde arabe, pas plus qu’il ne peut se confondre avec les volontés politico-religieuses hégémoniques de quelques pays aux ressources pétrolières immenses. Les textes sacrés de l’Islam, la spiritualité qui en découle s’analysent et se vivent, de nombreuses manières. Ne tombons pas dans le piège des clichés réducteurs où selon Xavier Manzano, directeur de l’ISTR de Marseille « les religions sont souvent évoquées comme prétexte ou explication aux dévoiements. Elles semblent poser des problèmes insolubles à nos sociétés et le dialogue entre elles, peut apparaître comme une cause à défendre ou une naïveté à combattre », Revue Chemins de dialogue n° 48.

Sœur Colette Hamza enseignante à l’ISTR de Marseille, directrice adjointe du Service des relations avec les musulmans de la Conférence des évêques, dans une deuxième conférence nous invite à dépasser la peur en acquérant cette attitude fondamentale du dialogue : écouter l’autre, dépasser les a-priori, utiliser cette feuille de route que nous a donné le Concile Vatican II par la déclaration « Nostra aetate ». Pour sûr, le dialogue avec les autres croyants nous appelle à des conversions inconfortables mais au constat « qu’une même soif conduit les uns et les autres vers un même puits », P. Christian Salenson.

Le Père Christophe Roucou et l’imam Mustapha Merchiche dans le cadre des rencontres islamo-chrétiennes de Notre-Dame d’Aiguebelle nous ont donné l’opportunité de réfléchir à ce que pouvait être le passage « du conflit au dialogue dans la Bible et le Coran ». L’Ancien Testament est rempli de conflits des hommes entre eux et des hommes avec Dieu, Mais Dieu cherche toujours malgré nos écarts à rentrer en conversation avec l’homme. Il entre en dialogue avec Abraham, Moïse, les Prophètes etc… Les rapports entre croyants ont toujours été difficiles. Cependant le dialogue doit dépasser le stade d’un « vivre ensemble » pour une ouverture vers un sommet commun dans le respect de la spiritualité de chacun ». Monsieur Merchiche en analysant quelques versets particulièrement violant s’est étonné que les massacres qui sont prônés aujourd’hui n’aient pas eu lieu du temps de Mohammed, alors que les « mécréants » étaient légions à son époque et qu’il les a protégés. C’est pour lui la preuve que la lecture de ces versets est aujourd’hui erronée et qu’il convient d’en étudier leur contexte historique. D’autre part les appels à la violence, à bien lire les versets coraniques, n’incitent pas « éliminer » les gens du Livre (juifs ou chrétiens) mais bien uniquement ceux qui ne se réclament d’aucune religion et persécutent les croyants en un seul Dieu qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. Mohammed lui-même a protégé et permis à des chrétiens de célébrer leur culte en toute tranquilité…

Lors de cette rencontre d’Aiguebelle nous avons eu la chance d’avoir le témoignage de madame Fertiana Santy, fonctionnaire au ministère des ‘‘affaires religieuses’’ de l’Indonésie (pays ou vit le plus grand nombre de musulmans), elle remarquait que nos approches françaises de l’islam et des musulmans n’arrivent pas à dépasser les blessures historiques de la colonisation, elle s’étonnait de nos amalgames entre « islam et arabes » lesquels sont musulmans mais pas seulement, de nombreux arabes sont également chrétiens, les évènements actuels du Moyen Orient le démontrent.

En conclusion reprenons ce que le Cardinal Tauran disait à l’assemblée plénière des évêques de France : « Il est possible de coexister dans la mesure où chacun se définit bien : pourquoi je suis chrétien ? Pourquoi je suis musulman ? Qu’est-ce que cela signifie ?"

Xavier de Barbeyrac – diacre
Service du dialogue interreligieux





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