Aujourd'hui 15 décembre nous fêtons : Sainte Nino - Vénérée en Géorgie (4ème s.)

Diocèse de Valence

Facebook
    Vous aimez cet article?
    Partagez le.


    Vous aimez ce site, dites le sur Facebook !
Corps et âme, Hongrie, 1h 56, en salles le 25 octobre

Œuvre originale, à l’esthétique souvent contemplative, ce film tisse habilement deux sujets : la vie professionnelle dans un abattoir, lieu singulier où la mort rôde, et la vie sentimentale de deux personnes murées dans leurs blessures. Mais la réalisatrice va bien au-delà de l’aspect documentaire ou sentimental pour nous faire vivre un vrai thriller métaphysique qui traite de la solitude et de la possibilité de la surmonter pour deux êtres en quête d’amour.…


   

Les premiers plans sont superbes : un cerf et une biche évoluent majestueusement dans une nature paisible. Nous sommes dans le rêve, un rêve qui se déploiera par intermittences dans la suite du film… La réalité est moins romantique puisque Maria, vétérinaire, arrive comme contrôleuse qualité dans l’abattoir que dirige Endre. Pourtant rêve et réalité se rejoignent comme deux faces de la vie, comme l’âme et le corps. Et la caméra saisit avec la même empathie les animaux de boucherie et les animaux sauvages. S’il est un film qui fait éprouver que les animaux ont une âme (sensitive) c’est bien celui-ci. Et l’éthique exigeante du personnel de l’abattoir est formulée clairement par Endre à un nouvel employé : « si vous n’éprouvez pas de pitié pour les animaux, vous ne serez pas à votre place ici ».

La trame de l’histoire tisse habilement deux sujets : la vie professionnelle dans ce lieu singulier où la mort rôde et la vie sentimentale de deux personnes murées dans leurs blessures, physique ou psychologique : Endre et Maria. Le rêve est-il illusion ou révélation du plus intime de la personne ? Au fil de cette histoire, le spectateur est amené à remettre en question sa vision des choses en même temps qu’Endre doit réviser ses jugements de prime abord. La tension entre extériorité et intériorité, nous la retrouvons entre apparence et réalité profonde comme le suggèrent les nombreux reflets et transparences.

En effet, les choix de prise de vue et de mise en scène sont particulièrement signifiants. Les gros plans des visages de Maria et Endre invitent le spectateur à pénétrer au plus profond de leur personnalité mieux que le questionnaire formaté et indiscret de la psychologue qui apparaît bien ridicule. Où est la vérité des êtres vivants ? Dans l’arsenal moderne des techniques (abattoir d’une propreté et d’une rationalité irréprochables ; tests psychologiques qui se révèlent efficaces) ou dans la relation d’amour (amoureuse entre Endre et Maria ou amicale entre directeur et DRH) ? La réalisatrice va bien au-delà de l’aspect documentaire ou sentimental pour nous faire vivre un vrai thriller métaphysique : la tension monte jusqu’à la scène hautement dramatique qui ouvre à un dénouement heureux.
Réalisé par une femme de 42 ans, ce film inspiré a remporté au festival de Berlin la plus haute récompense (ours d’or) ainsi que le prix du jury œcuménique.

Michèle Debidour





                Hébergement: C.E.F | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP