Aujourd'hui 20 octobre nous fêtons : Sainte Adeline - Abbesse à Mortain (✝ 1125)

Diocèse de Valence

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message pour la semaine sainte de Pierre Charignon,Aumônier de la Communauté catholique francophone au Japon
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Des nouvelles du Père Charignon en direct du Japon

Après 6 mois d’installation au Japon, le Père Pierre Charignon nous offre sous forme d’un vrai "roman fleuve" sa nipposaïque d’hiver en tant qu’ Aumonier de la Communauté Francophone


   

C’est la période des fraises. Nous en profitons à la maison MEP (Missions étrangères de Paris) de Mejirodai parce qu’une voisine utilise la cour pour garer sa voiture et, en compensation, elle offre de temps à autre trois grandes barquettes. C’est vrai que son stationnement est bien facilité alors que les rues du quartier sont étroites. Peu de maisons ont un petit espace pour un véhicule. La plupart des voisins et de leurs visiteurs peuvent faire demi-tour, avant un escalier qui fait de la ruelle une voie sans issue, grâce à la prévoyance des bons missionnaires qui avaient acquis un grand terrain et qui ne l’ont pas entièrement occupé par des constructions. D’ailleurs ce précieux espace sera utilisé pour la veillée pascale qui sera préparée par les onze confirmands. Quant aux fraises, cultivées sous serre, il y en aura jusqu’en mai et elles avaient commencé en janvier d’où leur nom qui sonne bien mais dont la traduction littérale n’est pas très poétique : "ichigo" en effet se traduit 1-5 pour dire janvier-mai.

A deux stations de métro de chez moi, il y a deux très grands magasins de chaque côté de l’avenue, sur une quinzaine de niveaux, s’appelant Seibu et Tobu. D’autres magasins du même nom se trouvent dans le pays mais les "compagnies" (terme plus utilisé que ’société’ ou ’entreprise’ par les japonais francophones) qui les possèdent sont, à l’origine, des sociétés privées de chemin de fer, d’ailleurs on accède aux quais directement à un des niveaux du grand magasin. Au premier niveau de Seibu, comme de Tobu, c’est la galaxie ’nourriture’ avec une ENORME constellation ’pâtisserie’ car, comme quelques prêtres drômois, nombreux sont les japonais à être gourmands. La tenue des vendeurs donne à la fois une impression d’uniformité et d’originalité. En fait, assez librement, ils portent des vêtements allant du fichu traditionnel et tablier à la casquette Gavroche et pantalon branché. Et l’ensemble, personnel et victuailles, a une tonalité très proche des marchés extérieurs de Valence, Montélimar, Nyons ou Chabeuil.

En faisant des rangements dans les locaux occupés par la Communauté catholique francophone de Tokyo, j’ai trouvé une carte du Japon légendée en langue locale. Je l’ai mise dans mon bureau contre la porte d’entrée et je m’en sui servie pour mes révisions de langue japonaise (nihon-go) non pas avec la partie centrale où les noms de villes, rivières et montagnes sont en kandji, univers majoritairement inaccessible pour moi (j’en reconnais une centaine alors qu’il faut en déchiffrer 2500 pour lire le journal) mais grâce à la bordure droite où sont notées en katakana (syllabaire servant à introduire les mots étrangers, exemple ’towa’ = ’tour’ parce que ce mot reproduit le so british ’tower’) les villes de quatre continents se trouvant à la même latitude. Hélas, j’ai été figé par l’horreur en constatant que la palette allait de 28°N à 43°N. Mon cher 45éme parallèle a été négligé doublement puisque sur la carte ce sont, comme souvent, les parallèles pairs qui sont dessinés oubliant que le parallèle 45° N ou S a le caractère singulier, unique et remarquable d’être à égale distance d’un pôle et de l’équateur. Alors, comme la grande île nordique de l’archipel nippon, Hokkaïdo, laisse passer cette ligne imaginaire et magique sur sa corne nord, la pointe de Soya, j’ai créé, entre le 44ème et le 46ème bien présents un bout de 70 km de 45ème parallèle me prenant, un instant, pour la famille Cassini ou pour Magellan traçant des lignes sur une carte où étaient griffonnées quelques îles aux noms provisoires entourées d’un immense espace vierge sur lequel, en très grand, la main ferme de Ferdinand avait porté : PACIFICO. Néanmoins cette carte m’apportait une consolation avec la mention de deux villes qui ont stimulé mon imagination juvénile maritimoterrestre et aérospatiale. A 43°N Vladivostok évoque la Sibérie, celle qu’a parcouru Michel Strogoff jusqu’à Irkoutsk pour Jules Verne mais, pour le lecteur adolescent, le voyage est allé beaucoup plus loin à l’est, jusqu’au bout de la terre en passant par les zones de chasse de Derzou Ouzala, jusqu’au port où souvent les navires sont pris par les glaces. 30°40’, c’est la latitude de Houston, qu’on peut rejoindre si on traverse un océan, atlantique ou pacifique, au choix, d’où était pilotée toute l’opération Apollo avec, notamment, Franck Borman, commandant d’ Apollo 8, qui transmet sa prière le jour de Noël 1968 après avoir été caché par la Lune dont il a découvert la face inconnue, et Neil Armstrong, scout toujours prêt, qui va jusqu’au bout de l’aventure en étant le premier homme à poser le pied sur la lune, grand événement sur un petit écran devant lequel s’émerveillent les yeux d’un enfant de dix ans.






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