Aujourd'hui 22 septembre nous fêtons : Saint Maurice - et ses compagnons de la légion (...)

Diocèse de Valence

[ documents ]
La méditation du dimanche 28 février à télécharger
[ Commentaire audio ]
  • Ecoutez Sébastien DUMONT
  • Facebook
      Vous aimez cet article?
      Partagez le.


      Vous aimez ce site, dites le sur Facebook !
    Dimanche 28 février, 3ème dimanche de carême

    Cette semaine c’est Sébastien DUMONT de l’observatoire Diocésain des Réalités Écologiques, d’ Oeko-Logia, et du service diocésain de l’œcuménisme qui nous accompagne dans cette Pause carême.


       

    Méditation

    Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se voit rapportée par des gens l’histoire de ces galiléens qui offraient des sacrifices dans un sanctuaire lorsque des troupes de Pilate ont débarqué et massacré tout le monde. Face à de telles horreurs et à la question d’un éventuel châtiment divin, Jésus démine tout de suite le terrain : le mal n’est pas lié à la culpabilité. Et pour être sûr que nous comprenions bien, Jésus prend l’exemple de la tour de Siloë qui s’est effondrée sur 18 personnes
    Cette répétition de la part de Jésus montre aussi que Jésus prend au sérieux la dimension tragique de la vie : le monde est en effet dangereux, le mal y semble omniprésent et il n’y a pas de réponse satisfaisante à la question de son existence. Si la thèse du châtiment divin tombé sur des pécheurs est écartée par Jésus, il ne s’agit pas pour autant de tomber dans le divertissement comme pour quitter l’histoire des hommes, ni d’adopter une posture de spectateur espérant être épargné, ni encore moins de sombrer dans le cynisme ou le désespoir. Jésus nous appelle à nous convertir, c’est-à-dire à faire retour à Dieu. C’est la seule attitude cohérente pour lui. Si nous ne retournons pas à Dieu, nous périrons tous de même nous dit Jésus. C’est-à-dire que nous périrons engoncés dans nos préjugés humains, écrasés par le mystère du mal, et sans espérance. Notre retour à Dieu est notre réponse au mystère du mal. On ne peut combattre les ténèbres qu’en apportant de la lumière. C’est en nous tournant vers cette lumière qui révèle l’ombre mais ne s’y mêle pas, que nous pourrons endurer patiemment dans l’espérance le mystère du mal comme celui de la tour de Siloë ou du massacre des galiléens. A la radicalité du mal, il nous faut opposer la profondeur du bien.
    Paul Ricœur, philosophe protestant, pouvait aussi témoigner de cette même foi face à la radicalité du mal, en contemplant ce qui se vivait tout simplement à Taizé : « Ce que j’ai besoin de vérifier en quelque sorte, c’est […] qu’aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions, ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui. Or ici, je vois des irruptions de bonté dans la fraternité entre les frères, dans leur hospitalité tranquille, discrète, et dans la prière, où je vois des milliers de jeunes qui n’ont pas d’articulation conceptuelle du bien et du mal, de Dieu, de la grâce, de Jésus-Christ, mais qui ont un tropisme fondamental vers la bonté. » ( Extraits d’un entretien de Paul Ricoeur avec un frère, lors de la semaine sainte, avril 2000, cité dans Réforme N°3510 du 25 avril 2013)
    La parabole du figuier stérile témoigne ensuite de cette même direction. Ce figuier n’a pas donné de fruits depuis trois ans. Le propriétaire propose de le couper. Mais le vigneron l’invite à un déplacement intérieur, à un regard différent, à considérer le temps autrement. La foi et l’espérance suppose en effet de ne pas nous laisser absorber, obnubiler par la logique du mal que nous affrontons. Les solutions technocratiques, dont le paradigme dominant est critiqué par le pape François dans Laudato Si, procèdent trop souvent de la manière de voir du propriétaire, comme nous pouvons le lire au §111 : « La culture écologique […] devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. […] Chercher seulement un remède technique à chaque problème environnemental qui surgit, c’est isoler des choses qui sont entrelacées dans la réalité. » Au lieu de penser le figuier comme une charge pour le sol comme le fait le propriétaire dans une logique qui en reste à la surface des choses et sépare pour réfléchir, le regard différent proposé par le vigneron est profond et reliant. Il consiste à penser que la terre qui nourrit le figuier n’est peut-être pas assez riche, et qu’il faut donc la travailler et l’amender en fumier. Il s’agit de nourrir le sol pour qu’il puisse nourrir l’arbre, car ils sont intimement liés. Et d’attendre une année. De cultiver le sol et de le garder, (Selon Genèse 2,15 : « Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour cultiver le sol et le garder ») tout simplement. Ainsi pourra-t-il peut-être donner du fruit.


      TEXTES DU JOUR
    • LECTIO 1
      dimanche 28 février 2016 : Livre de l’Exode 3,1-8a.10.13-15.

      En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où vivent le Cananéen, le Hittite, l’Amorite, le Perizzite, le Hivvite et le Jébuséen. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob”. C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

      PSALMUS
      dimanche 28 février 2016 : Psaume 103(102),1-2.3-4.6-7.8.11.

      Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse. Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits. Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ;

      LECTIO 2
      dimanche 28 février 2016 : Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,1-6.10-12.

      Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ. Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert. Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là. Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

      EVANGELIUM
      dimanche 28 février 2016 : Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9.

      Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »





                    Hébergement: C.E.F | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP