Aujourd'hui 21 novembre nous fêtons : Présentation de la Vierge Marie -

Diocèse de Valence

Facebook
    Vous aimez cet article?
    Partagez le.


    Vous aimez ce site, dites le sur Facebook !
12 questions sur l’Europe

Du 22 au 25 mai, les citoyens européens seront appelés à élire les 751 euro-députés (74 pour la France) qui les représenteront au Parlement européen. Resituer le projet européen dans son épaisseur historique pour mieux comprendre les enjeux pour l’avenir, souligner l’intérêt porté par l’Eglise à ce projet depuis les origines, tel est l’objectif de ces « 12 questions sur l’Europe » destinées à tous ceux, notamment les jeunes, qui souhaitent un éclairage.


   

- 1. Pourquoi l’Europe fait-elle rêver à Kiev et pas à Paris ?
Peut-être faut-il sortir de l’Union européenne pour voir comment elle est perçue dans le monde : un espace de paix, de liberté et de prospérité, garanties par un Etat de droit. Bien sûr, nous qui sommes à l’intérieur, nous savons que tout n’y est pas parfait, qu’il y a toujours des inégalités, de la pauvreté, de l’exclusion. Mais nous ne mesurons plus la chance que nous avons de vivre en paix, de bénéficier de la liberté d’expression, d’opinion, de réunion, de circulation. La liberté de religion, y compris la liberté de changer de religion ou de critiquer une religion nous parait évidente. Un accès gratuit à l’éducation et aux soins de santé, une démocratie qui permet l’expression des pluralités, une justice qui garantit un procès équitable, des administrations qui fonctionnent, des aides aux plus démunis : tout cela semble évident pour nous. Certes, tout peut être amélioré, mais cela existe alors que cela fait cruellement défaut dans beaucoup d’endroits du monde.
Un exemple concret : un jeune Européen qui veut voyager peut se rendre dans n’importe quel pays au monde ; un jeune non-Européen n’obtient pas ou très difficilement un visa de tourisme pour l’Europe. Les jeunes du monde entier envient les Européens, ne serait-ce que pour pouvoir circuler librement.

- 2. Quel était le rêve des pères fondateurs de l’Europe et qui étaient-ils ?
Plus jamais la guerre ! Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le rêve des pères fondateurs de l’Europe était de rendre la guerre impossible. Ce rêve est porté par les Français Robert Schuman et Jean Monnet, l’Allemand Konrad Adenauer, le Belge Paul-Henri Spaak, l’Italien Alcide de Gasperri, le Néerlandais Johan Beyen.
Le projet est lancé par la Déclaration Schuman du 9 mai 1950. Elle propose la mise en commun du charbon et de l’acier, les deux matières premières qui permettaient la fabrication de l’armement. Cette mise en commun était une mesure limitée mais jugée décisive pour changer « le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. » « La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible ».
C’est un tournant historique. Nous commémorons cette année le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. La guerre paraissait alors un mal inévitable. Nous commémorons aussi le 70ème anniversaire du Débarquement. Depuis près 70 ans, nous bénéficions de la paix en France. Elle nous paraît acquise. Mais la Déclaration Schuman commence par nous rappeler que « la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent ». Cela reste vrai aujourd’hui !

- 3. Le rêve européen a-t-il été abandonné au profit d’une Europe purement économique ?
L’économie a toujours fait partie du projet européen. Cependant l’objectif du projet européen était bien politique ; l’économie n’était pas le but mais le chemin et l’instrument du projet politique de réconciliation et de paix. En ce sens, le pari a été gagné.
Il s’agissait aussi, dans une Europe en ruines, de permettre d’augmenter le niveau de vie le plus vite possible et de partager un certain niveau de prospérité. Il s’agissait encore, comme le précisa Robert Schuman, dans sa déclaration du 9 mai 1950, de partager ce développement et cette prospérité au-delà des seules frontières de l’Europe, notamment au bénéfice de l’Afrique.
Mais avec le refus de la France de signer le traité instaurant la communauté européenne de défense (CED) en 1954, l’économie prend quasi exclusivement les commandes du processus qui va conduire au Marché commun et finalement à l’euro. Il faudra attendre le Traité de Maastricht en 1992 pour que la dimension politique regagne du terrain.
Aujourd’hui les compétences de l’Union, exclusives ou partagées, ont été élargies : justice, sécurité, environnement, transports, santé publique, aide au développement, éducation et formation, recherche, politique extérieure et de sécurité commune... Certes, pour beaucoup, elles demandent à être approfondies. Mais elles existent. Trop souvent sans doute, nous ne le savons pas. Mais prenons la peine de voir combien l’Europe est présente dans la réalisation de nos équipements régionaux à travers les fonds structurels, combien le Parlement s’est battu pour pérenniser le plan « grande pauvreté ». Qui en parle ?
De même, la citoyenneté européenne a pris des couleurs même si elle demande également à être développée : protection consulaire réciproque, droit de vote dans le pays de résidence pour tout ressortissant de l’Union aux élections locales et européennes, droit d’initiative qui, soit dit en passant, n’existe pas en France...
L’avenir de l’Europe passe par le renforcement de sa dimension politique. Mais le voulons-nous vraiment ?






                Hébergement: C.E.F | Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP