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L’Eglise de France souhaite le développement d’une « culture palliative »

À la veille de la discussion parlementaire sur le rapport Claeys-Leonetti, le groupe de travail de l’Église catholique sur la « fin de vie » a souligné, ce mardi 20 janvier, les enjeux et les dangers de ce rapport s’il était voté tel quel en mars prochain.


   

« Ne prenons pas le problème à l’envers ! » En titrant ainsi leur déclaration sur le rapport Claeys-Leonetti, rendue publique hier (mardi 20 janvier 2015), les membres du groupe de travail de l’Église catholique sur la fin de vie veulent à la fois mettre en garde et inviter à la réflexion.

Mettre en garde car, comme on peut le lire dans cette déclaration (disponible dans son intégralité sur : eglise.catholique.fr), « il serait erroné de penser résoudre le " mal mourir" par la seule création d’un nouveau "droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès" ». Pour les évêques, en effet, ce droit n’est intelligible que s’il est situé à l’intérieur d’une « culture palliative » qui favorise, dans notre société, une réflexion et des choix apaisés sur les questions de fin de vie. Dans le cas contraire, ils redoutent que les causes du « mal mourir » ne soient pas supprimées et que ce droit nouveau, « s’il est pris isolément, génère de nouvelles inquiétudes chez nombre de nos concitoyens ». Du coup, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable de ce groupe de travail, propose de faire du développement d’une culture palliative « une cause nationale prioritaire ».

"Tenir compte de chaque situation et de la fluctuation des souhaits"

Il invite aussi à « tenir compte de chaque situation et de la fluctuation des souhaits ». En ce sens, la sédation ponctuelle et intermittente, telle qu’elle est pratiquée actuellement, devrait rester la règle, ne serait-ce que pour s’adapter à la demande des patients qui, comme le rappelle Marie-Sylvie Richard, médecin à la Maison médicale
Jeanne-Garnier à Pàris, « souhaitent être sédatés pour éviter des souffrances insupportables mais aussi bénéficier de plages d’éveil pour communiquer avec leurs proches ». De plus, selon le docteur Richard, une sédation profonde et continue empêcherait tout accompagnement psychique et existentiel, toujours nécessaire à côté d’un accompagnement physique.
Le groupe de la CEF regrette également, dans le rapport Claeys-Leonetti, la suppression de toute référence au « principe du double effet ». Cela pourrait avoir pour conséquence de faire oublier au médecin qui prescrit la sédation que « la mort ne peut jamais être directement voulue », alors que celui-ci doit au contraire être « capable de formuler et clarifier l’objectif poursuivi pour chaque cas ».

Autre point à éclaircir selon l’Église de France : la rédaction des directives anticipées. « S’il s’agit de formulaires prérédigés, on passera à côté de l’enjeu de ces directives qui est de pouvoir parler de sa mort avec les proches et les médecins », prévient le jésuite Bruno Saintôt, directeur du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres à Paris. Là encore, il s’agit de préserver le jugement médical afin que les équipes soignantes gardent le plein exercice de leur responsabilité. « La fin de vie et la mort engagent le sens d’une existence ; assure le groupe de la CEF, elles ne sont pas qu’un problème technique à maîtriser ; il est vital de pouvoir s’en entretenir en confiance. »

C’est pourquoi la déclaration se conclut par un appel à « la fraternité », qui permet un « juste respect des personnes vulnérables » et un « accompagnement bienveillant ». Cette fraternité, traduisant une « authentique manière d’aimer l’autre vulnérable », peut ouvrir les yeux à la transcendance dont tout un chacun est porteur, rappelle la déclaration.

Claire LESEGRETAIN
la Croix du mercredi 21 janvier 2015






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