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Diocèse de Valence

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La Corée du Sud accueille le Pape François

Directeur du Service national de la Mission Universelle de l’Eglise (SNMUE), le Père Antoine Sondag présente l’Eglise catholique en Corée du Sud et partage ses réflexions sur ce pays à l’approche de la visite du Pape François pour les Journées asiatiques de la Jeunesse à Daejeon, du 14 au 18 août 2014.


   

Pour son premier grand voyage hors d’Italie depuis les Journées Mondiales de la Jeunesse au Brésil en 2013, le Pape a annoncé une visite en Corée pour le 15 août prochain. L’occasion du déplacement est fournie par la tenue à Daejeon des Journées asiatiques de la Jeunesse.

En Corée, le Pape présidera une grande messe au cours de laquelle il béatifiera 124 martyrs qui ont donné leur vie pour le témoignage de l’Evangile, au XVIIIe et XIXe siècle. Parmi ces nouveaux bienheureux, on trouve surtout des Coréens et quelques étrangers.

Cette visite papale est l’occasion de s’intéresser à l’Eglise catholique de Corée (du Sud). Cette Eglise comme le pays en général, est assez peu connue en France. La Corée, coincée entre le Japon et la Chine, pas seulement au plan de la géographie, a du mal à construire une identité propre dans la tête des Français. Rappelons que ce pays de 52 millions d’habitants (pour une surface du cinquième de la France) compte environ 10% de catholiques, soit 5 millions de personnes. Et 20% de protestants. Au total, 30% de chrétiens, c’est beaucoup pour un pays d’Asie, où en général, le nombre des chrétiens ne dépassent pas les 2%, à l’exception des Philippines. Catholicisme minoritaire mais en croissance.


Une Eglise fondée au XVIIème siècle

Un point fort de cette Eglise catholique de Corée tient au fait qu’elle a été fondée par des laïcs qui, en voyage à Pékin au XVIIe siècle, y ont rencontré des jésuites autour de Mateo Ricci. Ils ont été séduits par cette « philosophie » et ont rapporté de leur voyage les écrits fondateurs de cette sagesse venue de l’Ouest : la Bible. C’est ainsi que naît l’Eglise de Corée, l’une des plus dynamiques d’Asie. Au XIXe siècle, des missionnaires nombreux sont venus renforcer cette Eglise naissante, y compris des missionnaires venus de France, et ils fourniront leur quota de martyrs lors des diverses persécutions qui ont ravagé l’Eglise en ce temps-là. Le XIXe siècle est aussi le temps qui a vu des missionnaires protestants américains, surtout presbytériens, venir diffuser l’Evangile dans le pays.

L’Eglise catholique aujourd’hui en Corée n’est en rien une « Eglise jeune » qui aurait besoin d’être soutenue de l’extérieur. Tout le contraire. L’Eglise de Corée envoie des missionnaires dans le monde entier : environ un millier. Parmi eux, une petite cinquantaine se trouve en France dans diverses missions pastorales. Les 5 millions de catholiques coréens disposent de 4500 prêtres pour leur service. Et d’environ 1400 séminaristes (contre moins de 1000 pour la France actuelle). Il existe aussi 7 universités catholiques dans un pays où, certes, il existe beaucoup d’universités privées.


Un Conseil Inter-religieux qui prend position

L’Eglise de Corée est engagée en faveur de la justice sociale. La Conférence Episcopale ne prend pas forcément la parole sur des sujets controversés ou très politiques. Elle laisse ce soin à la Commission Justice et Paix, mais celle-ci est présidée par un évêque. Et cette Commission Justice et Paix s’engage dès lors que des questions de justice sociale sont en jeu. Parfois aussi des questions politiques plus générales. Une autre manière d’intervenir consiste à utiliser le biais du Conseil Inter-religieux du pays, qui regroupe les 7 dénominations religieuses les plus importantes : catholiques, protestants, diverses dénominations bouddhistes, religion ancienne coréenne, tradition confucéenne… Ce Conseil inter-religieux s’exprime parfois avec beaucoup de clarté sur certains sujets lorsque le bien commun de la nation est en jeu, comme récemment sur la question de la fraude lors des dernières élections présidentielles.

Il faut signaler l’existence d’une « association des prêtres pour la justice » (sociale) qui regroupe quasiment la moitié du clergé. Et qui publie des communiqués. Et qui incite parfois des prêtres ou des religieuses à se joindre à des manifestations de rues. Si je puis me permettre d’évoquer un souvenir personnel : il m’est arrivé de défiler dans les rues de Séoul aux côtés de religieuses en habit, qui chantaient l’internationale (en coréen) en levant le poing. Ces symboles n’ont pas en Corée les mêmes connotations que sur nos terres européennes.






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