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Diocèse de Valence

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Le Secours Catholique accueille sa nouvelle présidente

Première femme à présider le Secours Catholique, Véronique Fayet, 60 ans, ancienne adjointe au maire de Bordeaux chargée des Politiques de Solidarité, succède à François Soulage. Elle incarne au sens humain autant que biblique l’alliance avec les plus pauvres. Propos recueillis par Chantal Joly.


   

- Quelle est votre histoire personnelle avec le monde de la précarité ?
J’ai été frappée au cœur par l’intervention de l’Abbé Pierre chez les Ursulines de Mulhouse, alors que je menais dans cette école et ma famille privilégiées ma vie de gamine. Je relis aujourd’hui deux révélations restées « imprimées dans le disque dur » : celle qu’il existait des pauvres et que ceux-ci demandaient à être utiles. Les prophètes servent à cela : lancer des paroles qui mettent les gens en marche. Mais le cheminement a été lent. Au lieu d’aller en études de commerce, j’ai préféré l’économie publique pour comprendre la société puis je me suis spécialisée en économie du développement et j’ai préparé mon mémoire sur la dette des pays pauvres. Étudiante j’ai fait de l’alphabétisation et vécu plusieurs camps d’été avec les chiffonniers d’Emmaüs ; une belle expérience. Puis, avec mon mari, nous avons vécu près de deux ans en Afghanistan. À notre retour nous avons découvert la grande pauvreté en France et dès 1979, je me suis engagée avec le Mouvement Atd Quart Monde. J’ai été séduite par son discours. D’abord que « la misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire » et aussi que chacun, avec ses compétences, en restant dans son milieu, peut réformer les structures de la société.

- Que vous a apporté cet engagement aux côtés des plus exclus ?
Ce fut avec quelques familles un parcours d’amitié dans la mesure où il n’y a jamais eu entre nous de relation d’aide mais des visites, des sorties le dimanche. Je pense particulièrement à un jeune ménage de notre âge, Bernadette et Dédé, un homme merveilleux qui avait « les doigts verts » et voulait être reconnu comme travailleur dans les espaces verts. À travers eux nous avons pu mesurer la difficulté de sortir du cercle infernal de la grande exclusion et nous avons été frappés par leur courage pour scolariser leurs enfants, se battre contre leur placement, etc. Ce compagnonnage fut un enrichissement formidable.
En tant que citoyen mais plus encore en tant que chrétiens, nous devons prendre ce temps de connaissance pour vivre la fraternité. Il faut en quelque sorte apprendre la « langue » de la grande exclusion.

- L’Église de France vient de vivre la démarche « Diaconia 2013 -Servons la Fraternité ». Les communautés chrétiennes sont-elles assez mobilisées dans cet esprit ?
Il y a tout un chemin à vivre dans les paroisses qui accueillent plus ou moins les différentes formes de pauvretés de notre temps. Souvent, on dépanne les personnes, mais quelle place leur fait-on dans nos fêtes, nos repas paroissiaux, nos liturgies ? Le Secours Catholique désire mettre les pauvres au cœur de son cheminement de l’Église. C’est sûr que si les pauvres y sont, nous irons encore plus loin.

- Quelle vision aviez-vous du Secours Catholique jusqu’à maintenant ?
Comme beaucoup d’élus locaux qui ont l’image de l’homme de la rue, je ne mesurais pas forcément son tournant politique et sa sortie de la simple assistance. Pour moi, j’étais en accord avec son action envers les causes structurelles de la pauvreté et les paroles fortes prononcées avec d’autres Ong sur les violations des Droits de l’Homme mais je n’avais pas perçu sa volonté ancienne, renforcée mais plus invisible, de s’associer avec les plus pauvres. C’est aussi au nom de cette révolution interne que j’ai accepté la présidence.

- Avez-vous déjà des projets ou des rêves pour votre mission ?
De la même manière que la vie politique nous amène à avoir un programme, j’ai découvert celui du Secours Catholique, son fil conducteur et je n’ai rien à y ajouter. Je me l’approprie tout en sentant que j’ai besoin de m’immerger en allant sur le terrain -tout en préservant du temps pour mes petits-enfants- en étant à l’écoute des salariés, des bénévoles. Ma « marque de fabrique » en tant que militante associative et ancienne élue sera peut-être de mieux articuler le travail des délégations avec les élus locaux qu’il ne faut pas priver de cette richesse. Je me sens à l’aise dans le monde politique, dans l’Église. Des deux côtés je crois que j’ai une légitimité pour dire des choses, pour que le Secours catholique exprime la parole de l’Église de France sur le plan politique.

- Quelques mots sur le Pape François, le pape des pauvres ?
Sa déclaration sur le fait que la pauvreté est une violation des Droits de l’Homme m’a beaucoup réjouie. C’est dans cet équilibre qu’on peut se situer : se battre sur le terrain de la justice et au nom de la Caritas, la fraternité. Le pape François pose des gestes forts et visibles comme de se rendre auprès des migrants sur l’île de Lampedusa. Il nous porte.

Source : http://www.eglise.catholique.fr






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