Aujourd'hui 20 octobre nous fêtons : Sainte Adeline - Abbesse à Mortain (✝ 1125)

Diocèse de Valence

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    Lundi 15 février

    Cette semaine c’est Christianne et Patrick VILLETTE, de Chrétiens Ensemble, qui nous accompagnent dans cette Pause carême.


       

    Méditation

    Combien de visages rencontrons-nous dans nos journées, notre quotidien ? Combien de visages dans les mois qui s’égrènent ? Combien de visages auront-nous rencontrés dans nos vies ?
    Visages fatigués du matin dans les transports en commun, visages animés de ces deux personnes en discussion sur le trottoir, visage commercial de la vendeuse, visage tourmenté de cet homme sortant de la pharmacie, visage en colère de cet automobiliste à qui on vient de refuser la priorité, visage peureux de cette femme qui court, qui fuit, visage triste de cet enfant qui sort du lycée. Que de visages, que d’émotions qui peuvent ainsi se lire dessus.

    Combien de visages le Christ a-t-il rencontré dans sa vie terrestre ? Visage tourmenté du lépreux, visage peureux de la femme adultère, visage éplorée de la veuve de Naïm, visage anxieux de l’aveugle de Jéricho, visage interrogatif du jeune homme riche ? Et bien d’autres…

    Mais la question qui nous est posé ici, dans ce passage de l’Evangile selon Matthieu au chapitre 25 versets 31 à 46, n’est pas de l’ordre de la comptabilité, de l’ordre du recensement, mais plutôt de l’ordre de la question existentielle ? De l’ordre de l’instant de vérité du jugement. La question est en substance cette là : « as-tu reconnu le roi des rois dans ces visages rencontrés, as-tu conscience que c’est dans l’apparente insignifiance que tu l’as approché au plus près ? »

    Eh bien, non, je ne l’ai pas reconnu. Pas toujours. Pas plus que ceux qui sont la droite du Père, ou ceux qui sont à sa gauche. Les uns comme les autres sont étonnés : « Quand nous est-il arrivé de te voir malade, en prison et de venir à toi ? » demandent les premiers.
    « Quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison sans venir t’assister ? » demandes les seconds. Et tous, les élus comme les bannis, s’étonnent d’apprendre que cela est arrivé à chaque fois qu’ils ont rencontré un démuni, un pauvre, un fou, un malade, un condamné.
    Ainsi c’est cette affirmation qui nous ouvrirait le Royaume, affirmation subversive, c’est-à-dire qui renverse l’ordre social établi : Regarde ton frère : tu vois Dieu. Mais quand je regarde mon frère, je vois un étranger et cela me donne quelquefois envie de mieux le connaître mais quelquefois peut me donner envie de fuir. Je vois quelqu’un de différend, quelqu’un que j’hésite à laisser venir me rencontrer et compléter ma part manquante.

    Mais ce, à quoi nous invite ce passage de l’Evangile, ce, à quoi nous invite le Christ c’est de mettre Dieu à la place de l’autre. C’est de mettre le visage de Dieu à la place du visage de notre prochain. Comment faire ? Même Moïse, l’ami de Dieu, ne fut pas autorisé à voir ce visage, mais ne put qu’apercevoir seulement le dos de Dieu, en une vision fugitive et après-coup. Cela me fait penser aux Pèlerins d’Emmaüs qui voyagent avec le Christ sans le connaitre et ne le reconnaissent qu’à la fraction du pain, au moment où il disparait. Là aussi ils ne voient le Christ que de dos. Alors cela aurait-il à voir avec l’interdit du Décalogue : Tu ne te feras pas d’image de Dieu ?
    Nous touchons là un paradoxe. Si Dieu ne se laisse voir que de dos, comment peut-on voir son visage ? Si nous ne pouvons pas nous faire d’images de Dieu, comment le reconnaître ?

    Et si c’était tout le contraire ?
    Et si c’était Dieu qui se donnait à voir à certains moments de nos vies ?
    Et si c’était Dieu qui se laissait entrevoir, pour venir à notre rencontre, pour nous interpeller, pour élargir l’espace de nos tentes, pour nous ouvrir à la compassion.

    Ou par grâce seulement. Comme le dit Emmanuel Carrère, dans son dernier livre, qui a entrevu ce qu’était le Royaume, en regardant la joie si candide, si confiante, si abandonnée d’une jeune trisomique qui dansait devant lui.

    Amen.


      TEXTES DU JOUR
    • LECTIO 1
      lundi 15 février 2016 : Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.

      Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez aucun de vos compatriotes. Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas : tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur. Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice ; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compatriote avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

      PSALMUS
      lundi 15 février 2016 : Psaume 19(18),8.9.10.15.

      La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard. La crainte qu'il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables : Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ; qu'ils parviennent devant toi, Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

      LECTIO 2
      lundi 15 février 2016 :

      EVANGELIUM
      lundi 15 février 2016 : Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,31-46.

      En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »





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