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Diocèse de Valence

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Samedi 18 mars

Cette semaine c’est Roland LAIPE, nouveau Pasteur à Valence, qui nous accompagne dans la Pause Carême



Saint Cyrille de Jérusalem
Evêque de Jérusalem, docteur de l’Eglise (✝ 387)

   

Commentaire

Luc 15

Ah, les joies de la famille, les joies d’être ensemble, unis... les joies de la famille !

Est-ce que ces deux mots vont bien ensemble ? Joies et famille.
Avez-vous des sujets de joies, dans vos familles ? Qu’est-ce qui vous rend joyeux ?
Et nous avons tous une idée de la famille, de ce qu’elle doit être : un papa, une maman, des frères, des sœurs...
Nous avons une idée de ce qu’un papa ou une maman donne à ses enfants... et nous avons tous une idée de ce que nous attendons de nos enfants.

Et je suis sûr que si RCF organisait un « radio crochet », les réponses ne pourraient pas correspondre à une belle construction idéale, une belle construction... qui n’existe que dans nos rêves... car cette belle construction ne tiendrait pas compte de la complexité de notre vécu, de nos échecs, et de nos réussites.
Il serait intéressant de voir comment nous accueillons avec bienveillance certains modèles familiaux et comment nous regardons avec mépris ou distance d’autres modèles familiaux !

Joies et famille.
La parabole de ce matin peut nous dire quelque chose sur la famille et plus particulièrement sur la relation Père-fils.

L’ambiance, dans cette famille, n’est pas très joyeuse ?
Jalousie, demande d’héritage, silence, sentiments d’exclusion, des refus de faire la fête, de se réjouir, de l’aveuglement du père qui ne voit pas ce que vit l’aîné mais il y a aussi de l’accueil, de l’attention, du non jugement, un regard miséricordieux envers ses enfants...

Dans ma lecture de cette parabole, j’ai l’impression que cette famille ressemble à nos familles,
À ces moments où nos parents ne comprennent rien à rien...
À ces moments où nos parents cherchent à répondre à nos désirs avec ces cadeaux qui font monter la joie en nous... mais une joie éphémère...
À ces moments où nous détestons notre frère ou notre sœur...
À ces moments où nous sommes jaloux...
À ces moments où nous pensons mériter bien plus de câlins que notre petit frère, que notre petite sœur.....
À ces moments où nous croyons que pour grandir, pour vivre joyeusement, il faut écraser, éloigner le frère ou la sœur...

Oui, dans les familles, ce n’est pas toujours la joie... et alors, faut-il s’en plaindre ? Faut-il faire bonne figure devant les autres, faire comme-si ?
Ou accepter de vivre dans une famille traversée de crises, de faiblesses, de fragilités et voir qu’un chemin de joie, qu’un chemin de vie, de relation est toujours en devenir !

Car dans cette histoire, un chemin de joie advient, mais pas de n’importe quelle manière. Les difficultés de la vie ne sont pas niées, en détournant le regard sur ce qui fait mal.

Cette parabole nous enseigne le chemin vers la joie.
La joie est indissociable de la vie, de la vie, ici-bas. Elle n’est pas à reporter pour plus tard, lorsque tout ira bien, lorsque les relations seront apaisées ou lorsque nous ne serons plus de ce monde. Car la joie peut venir tisser sa toile, aujourd’hui, en ce monde, au milieu de toutes les familles.

La joie est appelée à épouser tous les contours de notre existence, de la naissance à la mort. Dans l’Évangile de Luc, la Joie apparaît avec la naissance de Jean-Baptiste (Luc 1) et l’Évangile se termine par la joie des disciples, à l’ascension de Jésus, parce qu’il est question de relation, de lien que rien ne peut rompre, qu’aucune circonstance de la vie ne peut anéantir.

La joie ne vient pas habiter nos existences, de manière innée, naturelle.
C’est plutôt le fruit d’un combat intérieur pour lever les obstacles qui m’empêchent d’accueillir l’autre, sans jugement. Ma joie n’adviendra pas tant que mon frère, ma sœur sera exclu(e), rejeté(e).

Dans cette parabole, il y a deux manières d’exprimer la joie :
-  Celle que nous connaissons tous, « se réjouir » lorsque nous organisons une fête, pour un moment particulier, un baptême, un mariage, un anniversaire « euphrosuné », lorsque nous recevons un cadeau
-  Et « être dans la joie », « chara », « charenai ». Cette joie-là est indépendante d’un événement, d’une circonstance. Elle évoque davantage une prise de conscience, un état intérieur plus fort et durable, un sentiment de plénitude parce que dans la famille de Dieu, il y a de la place pour tous ses enfants. Il y a de la place pour moi, le cadet ; il y a de la place pour moi, le fils aîné ; il y a de la place pour moi, le Père ou la Mère. « Il fallait faire la fête (1), et nous réjouir (2). »

En voici la raison, de ce jaillissement de la joie : « Ton frère qui était là, était mort, et il est revenu à la vie. » (32)

C’est le contenu de la Bonne Nouvelle. C’est tout l’Évangile qui est résumé.
Le fondement de la joie repose sur ce regard sur mon prochain, du plus proche (dans ma famille charnelle) au plus lointain (dans ma famille spirituelle).
Jésus n’a cessé d’élargir le sens de la fraternité : celui qui est dans une situation de vulnérabilité, celui qui est pris par la maladie, celui qui est emprisonné par un handicap, la veuve, l’orphelin, celui dont tu réprouves les mœurs, il est ton frère... elle est ta sœur...

C’est comme si Dieu nous disait, nous suppliait (v 28) aujourd’hui :
« Ton frère, ta sœur... sont en relation avec moi, je les ai regardés, attendus, accueillis par pure grâce. Je ne les rejette pas. Je ne les juge pas. Je ne les exclus pas de ma relation.
Viens te réjouir avec moi ! Viens tisser de nouveau des relations avec ton frère, avec ta sœur ! »
C’est bien dans nos existences, dans l’espace de nos relations interpersonnelles, avec Dieu et avec notre prochain que peut advenir cette joie, « Chara ».

Notre accord est attendu, souhaité car la joie de l’Évangile surgit lorsque la vie relationnelle est trouvée, retrouvée.
Ce n’est pas une joie qui serait réservée à un peuple élu, à un peuple de gens parfaits, méritants, très religieux.
La joie advient lorsque je construis, je reconstruis une relation vivante avec mon frère, ma sœur, lorsque je vis ma vie, lorsque je construis ma vie avec les autres, tous les autres, qui sont mes frères, mes sœurs.

À nous d’entrer dans la joie. De cette joie reçue du Père... Joie de se sentir aimer, relier, en permanence !
Notre Dieu, notre Père, est un Dieu de tendresse, un Dieu de miséricorde. Il est un Père qui a soif de relations. Il nous laisse libre de nous éloigner, libre de revenir.
Et il est un Père qui est dans la joie à chaque fois qu’un fils, qu’une fille est retrouvée, à chaque fois qu’une relation est restaurée, à chaque fois que nous avons le sentiment d’exister sans chercher à fuir, sans chercher à nous comparer aux autres, sans chercher à juger ou exclure les autres !

Vous le savez, l’amour a ceci de particulier, c’est qu’il se divise, mais il ne se réduit pas comme peau de chagrin. L’héritage d’argent se divise et quand il n’y a en a plus, il n’y a plus rien.
L’amour du Père est immense et sans fin. Il le donne et il en reste toujours.

Partageons et vivons de cette bonne nouvelle et la joie emplira nos existences !
Conjuguons cette joie en famille mais aussi entre nos confessions catholique ou protestante !
Car sur le chemin de la joie, Jésus nous a précédés et nous attend. Il nous supplie de le rejoindre pour nous réjouir ensemble !

Roland Laipe

Lecture

« Tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! »

Lecture du livre du prophète Michée 7, 14-15.18-20

Seigneur, avec ta houlette,
sois le pasteur de ton peuple,
du troupeau qui t’appartient,
qui demeure isolé dans le maquis,
entouré de vergers.
Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad,
comme aux jours d’autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d’Égypte,
tu lui feras voir des merveilles !

Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime,
pour passer sur la révolte
comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage :
un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère
mais se plaît à manifester sa faveur ?
De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde,
tu fouleras aux pieds nos crimes,
tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés !
Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité,
à Abraham ta faveur,
comme tu l’as juré à nos pères
depuis les jours d’autrefois.

Psaume

Ps 102, 1-2, 3-4, 9-10, 11-12

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse !

Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.

Évangile

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32

En ce temps-là,

les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »


- Au livre du prophète Michée 7, 14-15.18-20
- Ps 102, 1-2, 3-4, 9-10, 11-12
- Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32





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