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Diocèse de Valence

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La méditation du samedi 27 février à télécharger
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    Samedi 27 février

    Cette semaine c’est Sébastien DUMONT de l’observatoire Diocésain des Réalités Écologiques, d’ Oeko-Logia, et du service diocésain de l’œcuménisme qui nous accompagne dans cette Pause carême.


       

    Méditation

    Ce qui me semble marquant dans la parabole de l’Evangile, c’est l’échec de la vie relationnelle de cette famille. Ainsi le fils cadet réclame sa part de fortune dès le début pour partir. Le père obtempère comme un robot. Point de parole pour le départ du fils cadet. L’absence du fils aîné lors du récit du partage, ainsi que du père lors du départ du fils cadet sonne aussi tristement. Au retour de ce dernier, le père n’avertit même pas le fils aîné pour qu’il vienne participer à la fête, comme s’il était un simple serviteur. Il faut que cela soit un serviteur de son père justement qui le tienne au courant du retour de son frère. Le fils aîné refuse d’ailleurs de rentrer pour la fête. Ce fils aîné fait part ensuite de toute sa frustration à son père, comme si effectivement il n’y avait jamais eu de parole entre eux. Il ne parle pas de frère pour parler de son frère cadet, mais le désigne avec mépris comme « ton fils que voilà ». Les ragots ont leur place aussi, puisque le frère aîné affirme à son père que le fils cadet a dilapidé son argent avec des prostituées alors que cela n’est affirmé nulle part dans cet Evangile. Et enfin, aucune femme dans ce récit n’est mentionnée. A-t-elle été oubliée ? Est-elle partie ? Le père est-il veuf ? On ne sait pas.
    La lecture de cette parabole nous met au cœur d’une famille marquée par un déficit relationnel. Personne ne vit véritablement dans cette famille. Si Jésus choisit cet exemple pour nous parler, c’est peut-être car la famille est cette réalité par laquelle tout le monde passe. Et quelle est très souvent marquée par des difficultés relationnelles. Le pape François dans Laudato Si nous en parle au § 47, dans le contexte d’une présence massive dans les familles d’outils de communication moderne :
    « Les relations réelles avec les autres tendent à être substituées, avec tous les défis que cela implique, par un type de communication transitant par Internet. […] Les moyens actuels nous permettent de communiquer et de partager des connaissances et des sentiments. Cependant, ils nous empêchent aussi parfois d’entrer en contact direct avec la détresse, l’inquiétude, la joie de l’autre et avec la complexité de son expérience personnelle. C’est pourquoi nous ne devrions pas nous étonner qu’avec l’offre écrasante de ces produits se développe une profonde et mélancolique insatisfaction dans les relations interpersonnelles, ou un isolement dommageable. »
    Mais Jésus choisit peut-être cet exemple de famille pour sa parabole car c’est dans la famille que naissent les premières relations et que la relation est constitutive de la vie dans la Joie. Et Dieu nous appelle à la Joie.
    Effectivement, au-delà de l’échec apparent de cette famille, le fils cadet entame un retour à la relation : après être rentré en lui-même, il se décide à retourner vers son père. Certes le fils cadet reste humain dans sa repentance. Mais c’est le signe aussi que pour se reprendre et changer de vie, il suffit d’un peu de bon sens. En retour vers le bercail familial, son père l’aperçoit au loin. L’attente du père scrutant peut-être l’horizon n’est-elle pas le signe que les relations humaines ne sont jamais désespérantes ?
    Le retour de ce fils est en tout cas le signe que l’on ne peut pas se sortir tout seul d’un tel échec. Nous ne pouvons-nous en sortir que si nous faisons retour à l’autre. D’ailleurs les souffrances des deux fils s’expriment sur un plan relationnel : en creux pour le fils cadet qui souffre d’être seul au milieu des cochons, tandis que le fils aîné souffre contre son père à qui il confie l’injustice qu’il ressent et l’impression de ne pas avoir d’identité propre.
    Le seul vrai dialogue a finalement lieu à la fin de l’histoire quand le père répond au fils. Sa joie explose, un chemin de vie s’ouvre, car la vie naît de la joie de se sentir relié. Il prend conscience de la communion qu’il vit avec son fils aîné et il vibre à ce que vit son fils cadet, ce retour à la vie, comme si la joie se communiquait par des liens invisibles. Et si les pharisiens et les scribes ne savent pas entrer dans la joie du retour du pécheur, c’est car leur autosuffisance les a comme coupés de ces liens qui nous font vivre ce que vit l’autre et qui permettent la vraie Joie qu’on ne vit qu’en communion.


      TEXTES DU JOUR
    • LECTIO 1
      samedi 27 février 2016 : Livre de Michée 7,14-15.18-20.

      Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t’appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d’autrefois ! Comme aux jours où tu sortis d’Égypte, tu lui feras voir des merveilles ! Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.

      PSALMUS
      samedi 27 février 2016 : Psaume 103(102),1-2.3-4.9-10.11-12.

      Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse. Il n'est pas pour toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches. Il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu'est l'orient de l'occident, il met loin de nous nos péchés.

      LECTIO 2
      samedi 27 février 2016 :

      EVANGELIUM
      samedi 27 février 2016 : Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.

      En ce temps-là,  les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »





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