Dimanche 19 mars

Cette semaine c’est Roland LAIPE, nouveau Pasteur à Valence, qui nous accompagne dans la Pause Carême


Vidéo

Et comme tous les dimanche voici la vidéo en lien avec notre thème "témoigner ensemble", dans le cadre des 500 ans de la Réforme Protestante.

Elle nous est présentée par Anne-Noëlle Clément et nous emmène à un temps de "Priére Pain Pomme", proposition oecuménique de Carême sur le Valentinois.

Commentaire

Jean 4, 5-42

Dans une rencontre improbable entre Jésus et une femme samaritaine, autour d’un puits il y a des incompréhensions, des quiproquos, qui vont devenir féconds.

1. Découvrir que Dieu m’aime tel que je suis.
Cette rencontre atteste une Bonne Nouvelle : et quelle est cette Bonne Nouvelle ?
Nous ne parviendrons pas, par nous-mêmes, par nos efforts, à provoquer une rencontre avec Dieu. Par contre, le Fils, sans que nous sachions comment, vient s’approcher de nous, sur nos routes humaines, pour nous inviter à le suivre.
Mais cela demande du temps, du discernement, pour le reconnaître... ce n’est pas automatique.....
Souvenez-vous, c’est Jésus qui vient à la rencontre de cette femme, contre toute attente.
Cette rencontre va bouleverser sa vie au point de voir ce qui est essentiel, ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle-même et qu’elle n’avait pas pu extérioriser.
Cette femme va être reconnue dans sa souffrance. Cette rencontre va lui permettre de se sentir aimée de Dieu, telle qu’elle est. Et cela va provoquer en elle un bouleversement. Elle qui cherchait à fuir les villageois, de peur de leur jugement, elle va vers le village témoigner de l’amour qu’elle a reçu.

2. Ensuite, le récit de la Samaritaine nous dit que l’important, ce n’est pas le puits ou la manière de puiser de l’eau, mais que l’important, c’est la soif de celui ou celle qui s’approche du puits.
Le puits n’est pas magique. Il n’abreuve pas automatiquement ceux qui s’en approchent. Le puits n’est que l’occasion de la rencontre.
Dans une lecture protestante, l’Église est à l’image d’un puits. L’Église ne suscite pas automatiquement la foi. Car il n’existe pas de transmission passive de la foi, par le seul fait d’être près de ce puits.
Et vous, chers auditeurs, quelle est votre soif ? Allez-vous vous abreuver au puits de la foi, loin des regards de vos proches ? Où allez-vous puiser ? Où est votre source ?
Dans une Messe, un culte, une eucharistie, une lecture biblique, une prière, un temps de retraite communautaire ?
Oui, chers auditeurs, c’est la rencontre entre la présence mystérieuse de Dieu et la soif de cette femme qui ouvre un avenir, un horizon nouveau, inattendu, pour cette femme.

Car cette femme, contre toute attente, devient témoin.
Cette femme, que la société avait mise de côté, à cause de sa vie différente, cette femme qui n’avait pas une vie conforme aux normes de son temps, elle va devenir un témoin de la foi. Lorsqu’elle comprend qu’elle a fait une rencontre exceptionnelle, elle prend le chemin de son village en abandonnant sa cruche. L’eau matérielle, qui lui était vitale au point de venir la puiser à midi, ne la préoccupe plus. Elle n’hésite pas à courir témoigner : « Venez et voyez, il m’a dit tout ce que j’ai fait ».
Vous constaterez avec moi, qu’il n’y a rien, dans ce discours, de complexe, de théologique, de philosophique. Elle témoigne simplement de sa vie, de la vérité de sa vie.
C’est comme si elle nous invitait à expérimenter comment nous aussi, nous pouvons être au bénéfice d’une rencontre !
Il est déjà là, au milieu de toutes nos recherches, dans le quotidien de notre vie, juste à côté des lieux où nous cherchons le nécessaire pour vivre, le nécessaire pour nous abreuver.
Il est là, et il est des moments où il nous manque quelque chose pour le voir, le reconnaître, le rencontrer.
Et nos contemporains semblent avoir besoin de nos paroles : « Venez et voyez, il m’a dit tout ce que j’ai fait ».
Pour se déplacer, pour se mettre en route, pour aller voir….

Oui, cette histoire semble dire que Jésus a besoin de vous, chers auditeurs.
Ce sera à vous de dire vos questions, votre soif, de partager vos convictions au sujet de Dieu, afin de permettre à quiconque de se mettre en route.
Quiconque pourra faire librement et en toute conscience une démarche de foi, en se découvrant sujet d’une rencontre et d’un amour divin, au nom de Jésus-Christ.

Dans cette rencontre, la foi jaillit comme un don de Dieu.

Alors pourquoi attendre encore pour accueillir et partager cette Bonne Nouvelle ?
Pourquoi puiser et s’épuiser en vain, sous le soleil de midi, au puits du Dieu « consumériste », du dieu de la « finance », de la « croissance » ou à un autre puits ?
Dieu nous a aimés, avant même que nous le connaissions. N’attendons pas demain.
Devenons un peuple de témoins, à la suite de cette femme samaritaine !
Puisons dans cette source, dans son Amour pour être, à notre tour, de ceux qui indiquent cette source inépuisable d’amour, de fraternité, de confiance, de solidarité, de justice et de Paix !

Roland Laipe

Première lecture

« Donne-nous de l’eau à boire »

Lecture du livre de l’Exode 17, 3-7

En ces jours-là,
dans le désert, le peuple, manquant d’eau,
souffrit de la soif.
Il récrimina contre Moïse et dit :
« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ?
Était-ce pour nous faire mourir de soif
avec nos fils et nos troupeaux ? »
Moïse cria vers le Seigneur :
« Que vais-je faire de ce peuple ?
Encore un peu, et ils me lapideront ! »
Le Seigneur dit à Moïse :
« Passe devant le peuple,
emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël,
prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil,
et va !
Moi, je serai là, devant toi,
sur le rocher du mont Horeb.
Tu frapperas le rocher,
il en sortira de l’eau,
et le peuple boira ! »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.

Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve)
et Mériba (c’est-à-dire : Querelle),
parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur,
et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :
« Le Seigneur est-il au milieu de nous,
oui ou non ? »

Psaume

Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur !

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Deuxième lecture

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné »

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 1-2.5-8

Frères,
nous qui sommes devenus justes par la foi,
nous voici en paix avec Dieu
par notre Seigneur Jésus Christ,
lui qui nous a donné, par la foi,
l’accès à cette grâce
dans laquelle nous sommes établis ;
et nous mettons notre fierté
dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
Et l’espérance ne déçoit pas,
puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
Alors que nous n’étions encore capables de rien,
le Christ, au temps fixé par Dieu,
est mort pour les impies que nous étions.
Accepter de mourir pour un homme juste,
c’est déjà difficile ;
peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.
Or, la preuve que Dieu nous aime,
c’est que le Christ est mort pour nous,
alors que nous étions encore pécheurs.

Évangile

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 5-42

En ce temps-là,
Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !...
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
Jésus lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
« Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »